
Interview par Anne-Cécile L.
Merci à Manon Leïn pour la traduction!
Crédit Photos: Gaëlle Ghesquière
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Quelques heures avant leur concert au Trianon, à Paris, j’ai rencontré Nalle Colt, le guitariste du groupe californien Vintage Trouble, qui a accepté de répondre à quelques questions!
J’ai vu que vous étiez au Hellfest hier, c’était comment?!
Nalle: C’était génial ! On était vraiment stressés avant de monter sur scène, surtout moi. Je pense que je l’étais plus que les autres membres du groupe. Je ne sais pas pourquoi… J’avais peur que ça ne le fasse pas, que ça soit bizarre ou que le public n’accroche pas. J’ai proposé au groupe de changer la setlist pour ne faire que nos chansons rock. Ty (Taylor), notre chanteur, m’a répondu « Non, ça va le faire ! » Et en fait, c’était incroyable ! Quand on a commencé à chanter notre chanson Not Alright By Me qui n’a aucune influence heavy metal, ou hard rock, tout le monde s’est mis à chanter. Il y avait environ 40 000 personnes ! C’était incroyable !
Vous avez aussi joué à Paris en décembre dernier, au Trabendo. Vous êtes contents d’être de retour ici ce soir?
Nalle: Oui, on est vraiment contents ! Je sais que vous traversez une période difficile en France. On vit la même chose aux USA depuis peu. Ca se propage partout et c’est difficile à vivre, ici, car pour nous, la France et Paris sont des endroits où rien de mal ne peut se passer. Et maintenant que vous traversez des épreuves compliquées, on est heureux d’être ici et de partager un peu de bonheur.
On est extrêmement chanceux de pouvoir voyager à travers le monde. Rien que cette année, on a joué dans tellement d’endroits différents… Mais au même titre que j’aime visiter de nouveaux pays, ça me fait toujours plaisir de revenir jouer là où on est déjà passés. On a des amis, comme toi, qu’on a envie de revoir…
On a joué plusieurs fois ici : avec AC/DC, Lenny Kravitz, The Who, on a également donné nos propres concerts mais l’an dernier c’était spécial, c’était une période délicate… On était inquiets parce qu’on ne savait pas si les gens viendraient, prendraient part à cette soirée… Et ils sont venus… Ca nous a mis les larmes aux yeux, je sais que tu étais là. C’était génial et on a passé un super bon moment !
Votre deuxième album, 1 Hopeful Road, est sorti il y a quelques mois, depuis vous avez tourné et continuez de tourner dans le monde entier. Comment vous vivez tout ça?
Nalle: On a attendu très longtemps avant de sortir un nouvel album, tout le monde l’attendait. On a tourné pendant cinq ans avec le précédent, qui est un disque qu’on a produit nous même et qui nous a couté 1200 dollars… Depuis on a sorti cet album, dans une grande maison de disque avec toutes les choses que ça implique… Ce qui nous a appris beaucoup de choses.
C’est un « beau » disque. Sur scène, on essaie de jouer le plus possible de chansons de l’album, on a aussi beaucoup de morceaux qui ne sont jamais sortis sur CD, que nos fans connaissent et aiment donc on mélange le tout. C’est une super expérience !
On a la chance de pouvoir faire ça et je ne sais pas combien de temps on pourra le faire… Je suis juste content que ça continue. En tant que groupe, on subit pas mal de pression. On vit ensemble, avec le groupe et le staff, tout le temps. Donc bien évidemment, il y a parfois des tensions. Tous les soirs, on monte sur scène et on se donne à 200% tous les quatre. On veut être sûrs que toutes les personnes qui ont payé aiment ce qu’on leur propose. C’est quelque chose de très important pour nous! Et j’adore ça, j’espère que ça continuera aussi longtemps que possible!
Du coup, vous avez joué face à des publics très différents, est-ce que les gens réagissent différemment à votre musique/vos concerts, d’un pays à un autre?
Nalle: Oui bien sûr, Ty Taylor, notre chanteur, est incroyable lorsqu’il s’agit de créer un lien avec le public. Dans un groupe, il faut faut toujours un leader. On est tous musiciens, beaucoup de choses se passent sur scène et il est la personne clé qui permet de garder une unité.
J’ai l’impression que c’est différent d’un pays à un autre, bien sûr. On a passé beaucoup de temps au Japon par exemple, les Japonais ont une culture très différente de la nôtre mais au final, tout se passe au mieux. C’est la magie de la musique!
Au Japon, ils ne comprennent pas vraiment les paroles, et c’est pareil ici en France. Etant donné qu’on parle et chante en anglais, ça n’est pas facile mais j’adore la façon dont le rythme et la musique rassemblent tout le monde. Donc oui, c’est très différent dans chaque pays mais, au final tout se passe super bien.
Vous avez fait la première partie de groupes mythiques comme AC/DC ou The Who, dans des endroits énormes. Tu peux en parler? Qu’est-ce que vous retenez de ces expériences ?
Nalle: On a débuté il y a six ans et on a été extrêmement chanceux. Notre manager Don McGhee est génial. C’est une sorte de légende qui a travaillé avec Bon Jovi, Motley Crue et Guns & Roses. Quand on a commencé à travailler avec lui, il bossait déjà avec Bon Jovi. C’est ce qui nous a fait comprendre que l’on jouait dans la cour des grands !
Jusque là, on n’avait joué que dans des petits clubs qui pouvaient accueillir 200/300 personnes. On a reçu un coup de fil de Jon Bon Jovi qui nous disait « Je veux que vous veniez me rejoindre sur la tournée ! » Du coup, des petites salles où on jouait alors, on est parti en Ecosse et on est monté sur scène devant 75000 personnes. On joue de la musique donc on est forcément amenés à voir des gens tous les jours, mais lorsque tu montes sur une scène comme ça, tu es obligé d’avoir le trac ! C’est énorme ! L’énergie de tant de gens… C’est une sensation incroyable ! Ils ont les yeux rivés sur toi et ils attendent, ils veulent entendre quelque chose. Ils ne t’ont jamais vu avant, donc tu dois faire tes preuves. On a commencé comme ça et ensuite ça a été une course folle!
On a participé à la tournée de Lenny Kravitz pendant un bon moment, on a fait cinquante-deux dates avec The Who… Tu sais, j’ai grandis avec The Who et tout à coup, on était là à trainer avec eux en coulisses comme des potes, à parler guitare… C’est fou ! Ils ont été tellement sympa avec nous, on a passé tellement de temps avec eux et leurs fans étaient incroyables ! On jouait dans des salles de 10 000/12 000 personnes tous les soirs.
Et ensuite, comme tu l’as dit tout à l’heure, on a reçu un appel d’Angus Young pour faire l’intégralité de la tournée mondiale d’AC/DC. Je pense que quand je serai vieux je raconterai ça à mes enfants. Les groupes comme nous, qui sommes nouveaux, ne vendent plus d’albums… On ne vend plus de disques comme AC/DC le faisait à l’époque, donc je ne sais pas si un jour on aura la possibilité de se retrouver au même niveau qu’eux… J’espère parce que c’est incroyable ! Ils nous inspirent et leur succès nous motive à aller plus loin avec notre groupe !
Le plus gros concert qu’on ait fait c’était à Imola en Italie, avec AC/DC, 132 000 personnes. J’avais l’impression de rêver.
Avant la tournée d’AC/DC, on avait reçu un email qui disait « On s’excuse parce qu’on a un public très difficile… Nos fans n’aiment personne d’autre qu’AC/DC. D’habitude lorsqu’on a des premières parties, ils leur jettent des trucs et les sifflent ! » On a commencé la tournée comme ça, on ne savait pas trop à quoi s’attendre, on flippait. Et en fait, ils ont été géniaux. Tous les fans d’AC/DC ont été incroyables, ce sont des potes aujourd’hui. Ils viennent à tous nos concerts, un peu partout dans le monde. Ils nous soutiennent. Et je le comprends d’une certaine manière, on a les mêmes origines même s’ils sont bien plus « hard » mais on écoute la même musique. C’était une aventure incroyable ! On s’est éclatés !
J’étais présente au Trabendo en Décembre, c’était la première fois que je vous voyais sur scène… Il y a quelque chose qui m’a particulièrement marquée, vous avez l’air vraiment très proches tous les quatre… Vous semblez être bien plus qu’un groupe?
Nalle: Comme je l’ai dit tout à l’heure, on a passé ces six dernières années tout le temps ensemble. On est très proches mais bien évidemment cela crée des tensions parce qu’on est quatre fortes têtes et chacun d’entre nous veut que ça se passe à sa façon. On s’aime mais voyager ensemble est très fatiguant. Mais il y a une chose dont je suis sûr et qui ressort de tout ça : on veut tous faire de la bonne musique et jouer pour nos fans, leur donner tout ce qu’on a. Donc pour nous, la scène est un endroit qui nous permet de nous retrouver, où on est ensemble quoi qu’il arrive. C’est un moment spécial. Tous les soirs, quand on joue, on essaye de rencontrer nos fans, de les connaître. Beaucoup de gens voyagent de très loin pour nous voir jouer, ils prennent des chambres d’hôtel, donc bien évidemment, on veut donner le meilleur de nous même. Et nos vies personnelles ne peuvent pas venir en travers de ça.
Comment vous vous êtes rencontrés ? Je sais que Ty et toi aviez déjà un groupe ensemble, mais comment Vintage Trouble est né ?
Nalle: Oui, on a joué dans un groupe, qui s’appelait Ghost Hounds, pendant quelques années. On a composé beaucoup de musique et passé des super moments. C’était un groupe assez important, beaucoup de gens y étaient investis. On a voulu en faire quelque chose de plus petit… Quatre personnes, plus facile pour les déplacements… Ty connaissait Rick (Barrio Dill), il avait déjà joué avec lui, il nous a donc rejoint et a commencé à jouer sur des démos, ce genre de trucs. Ty nous a raconté qu’un soir qu’il avait joué avec un super batteur, Richard (Danielson). On s’est rencontrés et on a joué. Il s’est passé quelque chose de spécial et on s’est dit que l’on avait de quoi monter un groupe. On a tous commencé la musique très tôt, depuis qu’on est gosses… C’est un peu comme quand tu rencontres quelqu’un de spécial, tu sais qu’il peut se passer quelque chose de bien. Et là il y avait un truc… On n’en a pas vraiment discuté, on s’est juste lancé, naturellement, sans jamais regarder en arrière.
Aujourd’hui ça nous arrive, car après 6 ans passés ensemble les choses évoluent. Quand un groupe devient assez important la maison de disque, le manager et toute l’équipe se donnent à fond et en veulent toujours plus. Donc parfois, on repense à nos débuts et ça nous aide à garder la tête sur les épaules, tout en appréciant les nouvelles opportunités qui viennent avec le succès.
Concernant votre musique, comment la définirais-tu en quelques mots?
Nalle: On fait du rock’n roll, avec une forte influence soul. On a tous des passés différents mais cette musique nous unit. C’est un peu compliqué à expliquer en quelques mots mais on essaie de partager du plaisir, de la joie. Ty est très talentueux pour raconter des histoires et on essaye de créer de la musique qui touche les gens. Il y a tellement de malheur dans le monde en ce moment, la musique doit être là pour réconforter et apporter du bonheur. On a lu pas mal de bouquins sur les Juke-Joints aux USA dans les années 20, pendant la prohibition, quand la vente d’alcool aux USA a été rendu illégal. Les gens se rendaient dans des clubs pour écouter des groupes de jazz jouer et ils étaient heureux ! C’est ce qu’on veut nous aussi, on veut rendre les gens heureux et on est tellement contents de pouvoir les rencontrer, voir qu’ils le sont.
J’ai lu que tu avais commencé la guitare a 12 ans. Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique?
Nalle: J’ai d’abord écouté quelques disques d’opéra. Mon grand frère, qui a quelques années de plus que moi, a été le premier de la famille à avoir un tourne disque et des vinyles. Ça va paraître bizarre maintenant mais She loves you des Beatles a fait naître des envies sexuelles en moi la première fois que je l‘ai écoutée. J’étais jeune et c’était la première fois que je ressentais cela. Et ensuite mes amis ont commencé à acheter des vinyles.
J’ai découvert Van Halen et la guitare électrique et c’était TELLEMENT cool ! Je voulais absolument une guitare et ça m’a pris pas mal de temps avant de réussir à en avoir une. Je demandais ça à ma mère pour Noël tout le temps. Je faisais beaucoup de skateboard à l’époque et j’ai fini par échanger un de mes skates contre une guitare. Elle était loin d’être neuve mais j’ai acheté un ampli et je passais mon temps dans ma chambre. Je m’empressais de rentrer après l’école. Je ne savais même pas comment tenir une guitare. Je suis gaucher et je la prenais dans le mauvais sens jusqu’à ce qu’un ami de mon frère me dise « Tourne la dans l’autre sens, je vais te montrer ». J’ai appris à jouer avec la main droite. J’ai appris quelques accords, comment accorder ma guitare et je restais dans ma chambre à rêver qu’un jour je serais guitariste.
Et très vite j’ai voulu monter un groupe. Un gars de ma classe jouait de la batterie, on se retrouvait tous les dimanches dans le bureau de sa mère et on s’enregistrait. On donnait les cassettes à nos camarades de classe. Ce n’était même pas des chansons mais c’était tellement cool !
Avais-tu des modèles lorsque tu étais enfant?
Nalle: Je pense que c’était mon frère, mon père n’était pas très présent à l’époque… Il l’est maintenant, mais mes parents ont divorcés assez tôt. Mon modèle c’était donc mon frère. Il a quatre ans de plus que moi, c’était le mec cool… Il jouait de la batterie et s’intéressait beaucoup à la musique. J’essayais toujours de trainer avec, tu sais, j’étais le petit frère chiant dont il ne pouvait pas se débarrasser ! Et j’adorais ça, je l’admirais tellement ! Quand il a commencé à faire des conneries, comme boire, je voulais faire comme lui. C’était le mec le plus cool du monde selon moi, et ça l’est toujours !
Et qui sont les artistes/musiciens qui t’ont le plus influencé?
Nalle: Un de mes amis tenait un magasin de disques, dans ma ville natale. Il avait beaucoup de vinyles, donc j’y allais et je lui disais « J’aime bien ça, ça. » Il m’a fait découvrir un musicien, Rory Gallagher – c’est un guitariste blues irlandais – j’ai fini par acheter tous ses albums. Sa musique était assez agressive et brute et ça m’inspirait beaucoup à l’époque.
J’écoutais ça, j’écoutais Ted Nugent, je ne sais pas pourquoi parce que quand je l’écoute ça me fait marrer, mais à l’époque je trouvais ça cool. Deep Purple… J’adore Deep Purple. Je trouvais Richie Blackmore génial. Ils ont quelques lives enregistrés au Japon, je me souviens avoir écouté ça, ça avait un truc de magique. Ma mère a commencé à fréquenter un mec qui écoutait beaucoup de musique. Il ne me comprenait pas vraiment, je passais mon temps assis dans ma chambre à faire « du bruit ». Il m’a fait découvrir un vieux guitariste français, Django Reinhardt. J’ai adoré ce côté vieux jazz manouche. Je l’écoute toujours aujourd’hui, c’est génial. Ça avait quelque chose de vraiment punk rock selon moi à l’époque.Ça sonne comme les enregistrements des années 50, ils sont tous en live et juste avant le début des chansons, on peut entendre les musiciens s’encourager les uns les autres avant de tout donner. Ça m’a énormément influencé.
Justement, en parlant de musique, qu’est-ce que tu écoutes aujourd’hui ?
Nalle: C’est assez intéressant car on essaye de ne pas perdre l’identité de notre groupe créé il y a 6 ans. Evidemment les gens évoluent… Ty me parlait d’une nouvelle chanson qu’il adore et contre toute attente c’est un morceau pop!
Je crois que je n’ai jamais autant écouté de styles de musique différents, parce qu’on est influencés par tellement de gens. J’adore quand les gens que je rencontre me font découvrir de nouveaux artistes ou de nouvelles chansons.
J’admire Gary Clark Jr car il arrive à se connecter à un public plus jeune tout en gardant un côté blues. J’adore et j’ai toujours adoré le blues et j’avoue que ça n’a pas toujours été simple ! Dans l’univers de la musique, tous les 10-15 ans le blues devient soit démodé ou redevient très populaire. C’est pour cela que j’adore Clark – il a réussi à mixer hip hop, dance music en gardant la guitare blues pour créer une énergie nouvelle. On l’a rencontré et joué avec lui plusieurs fois. J’aime beaucoup ce qu’il fait!
Quoi d’autre… J’ai trouve un vieux disque d’Aretha Franklin qui s’appelle Live at Fillmore West. On est souvent en tournée, et évidemment on a beaucoup d’enregistrement live. On trouve toujours quelque chose à critiquer quand on se réécoute. Parfois c’est génial mais je réécoute ce disque, c’est un enregistrement live de 1970 je crois, ou même 68, je ne suis pas sûr, peut-être même avant. C’est dingue de les écouter, ils sont géniaux ! A l’époque, ils l’ont juste enregistré live et c’est d’une telle qualité ! J’espère pouvoir un jour nous réécouter et me dire que l’on a été aussi bons qu’eux lors de ce concert ! Ce serait le rêve !
J’écoute aussi un peu de pop. On essaye d’en intégrer à notre musique, de créer un lien. Ca ne me fait pas peur mais c’est un challenge !
Si tu devais ne choisir que 3 albums et 3 films, lesquels choisirais-tu?
Nalle: 3 albums, 3 films.. ok!
Je dirais Axis Bold as Love de Jimmy Hendrix. C’est un magnifique album qui est important pour moi car il a un lien avec mon enfance.
Ensuite je choisirais un album de Led Zeppelin. Dur de choisir lequel, ils sont tous bons ! Je dirais soit Physical Graffiti, soit leur deuxième album. Ils ont eu un impact décisif sur moi. Notamment un guitariste comme Jimmy Page qui peut improviser et arrive à créer quelque chose de magique avec sa guitare.
Et le troisième album, là tout de suite, je dirais Aretha Franklin Live at Fillmore West. Peu importe le type de musique que tu aimes, cet album est à écouter ! Tous ces musiciens ensemble… C’est rare de voir cela de nos jours!
Côté cinéma je dirais Les Affranchis. C’est tellement fort et bien filmé! Et puis Ray Liotta, dans ce film, est génial ! J’ai dû le voir une trentaine de fois.
Sinon… J’ai grandi en Suède et y ai vécu 21 ans. Ingmar Bergman, qui est un réalisateur suédois, a réalisé le film Fanny et Alexandre. C’est un film très traditionnel mais qui a eu impact très fort sur moi. C’est dramatique mais drôle en même temps. Un de mes classiques!
Mon dernier film serait Accords et Désaccords de Woody Allen. C’est l’histoire d’un pseudo Django Reinhardt. Sean Penn joue le rôle d’un guitariste américain qui craint la venue de Django à ses concerts jusqu’au point de refuser de jouer. C’est un super film comique tourné comme un documentaire. Je sais que Woody Allen est un amoureux de musique : il adore le jazz et joue la clarinette. J’ai vu ce film plusieurs fois et je le conseille toujours à mes amis !
Voilà les trois films!
Je l’ai déjà dit plusieurs fois et je pose toujours cette question… J’ai commencé à étudier le cinéma de par ma passion pour la musique. Je ne joue pas d’instrument mais je voulais pouvoir y prendre par via la vidéo/l’artwork. Quelle importance vous accordez à l’image mais aussi votre look dans le groupe?
Nalle: On adore tout ce qui est noir et blanc. A la maison je n’ai que des photos en noir et blanc des années 40/50. Beaucoup de photos de gangsters ou de policiers.
Je crois que c’est quelque chose que l’on partage dans le groupe. Evidemment en tant qu’artiste tu te dois de penser à ton image, ton look et tout ce qui va avec. On voyage beaucoup et on découvre beaucoup de cultures, de modes – j’adore cela !
Je crois qu’avec le groupe, on veut mélanger toutes ces cultures. Vintage Trouble est dans une phase charnière. Nous sommes ensemble depuis 6 ans et nous évoluons ensemble. Evidemment on reste fidèles aux photos noir et blanc par exemple ou aux clips qui véhiculent un message. C’est ce qui est le plus important – ça peut être cool et joli mais il faut qu’il y ait un message derrière tout cela.
Depuis qu’on a débuté le groupe, on accorde beaucoup d’importance à nos tenues pour notre public. Quand je vais voir un groupe et que je les vois monter sur scène dans des fringues sales, avec leurs iPhones dans leurs poches, ça m’agace, je me dis « Putain! Tu es en train de jouer, les gens ont payé pour venir te voir! » Je pense que l’aspect visuel est très important. On le voit bien avec de grands artistes comme Hendrix par exemple. Il a toujours eu un style impeccable – on pouvait le reconnaitre même sans voir son visage. C’est important. On se doit de véhiculer un message et c’est ce que l’on veut faire, aussi a travers notre look…
Et en ce qui concerne l’artwork, est-ce que participez à la réalisation de vos clips, à la création de vos pochettes ou est-ce que vous déléguez ce travail ?
Nalle: Oui, on est très investit là dedans, mais j’avoue que j’aimerais qu’on le soit moins car on s’est parfois pris la tête pour des détails sur lesquels nous n’étions pas d’accord. Nous avons des amis et une équipe talentueuse qui savent ce qu’ils font et sont capables de nous aider à créer ce que nous voulons montrer et ce que nous voulons dire. On a toujours adoré faire des clips mais ça devient compliqué. Evidemment il y a 20 ans, les artistes pouvaient dépenser 3 millions pour en réaliser un. Aujourd’hui c’est plus une histoire de créer une vidéo qui veut vraiment dire quelque chose. Notre tout premier clip a été tourné avec un iPhone et ne nous a rien coûté. C’était drôle, on l’a filmé en un jour et ça reste, aujourd’hui encore, une de mes vidéos préférées. Celle qui nous a coûté le plus cher c’est Pelvis Pusher. Il y avait beaucoup d’acteurs et d’équipes impliqués. C’était chouette mais pour moi, les clips peuvent être très simples. Ca pourrait juste être nous en face de la caméra en train à jouer… Et on l’a d’ailleurs fait plusieurs fois. Pour différentes raisons, on n’y a pas trop réfléchi pour le nouvel album, on a fait un clip sur Doing What You’re Doing. Il n’est pas mal… On a essayé de travailler avec des producteurs de Los Angeles. On était en tournée à ce moment là, ils nous ont envoyé quelques idées et on a choisi celle là. Ce n’est pas ma vidéo préférée mais c’était cool et cela prouve que les videos peuvent êtes simples !
Vous avez une relation très particulière avec vos fans sur les réseaux sociaux notamment mais aussi lors de vos Meet & Greet après chacun de vos concerts. Ca semble quelque chose de vraiment important pour vous, non?
Nalle: Nos fans sont tout pour nous. On leur doit notre succès et c’est grâce à eux qu’on peut voyager à travers le monde. C’est incroyable! On adore les rencontrer, apprendre à les connaitre, les écouter nous raconter pourquoi ils aiment la musique, notre musique, ce que ça signifie pour eux et comment on arrive à changer quelque chose dans leur vie.
On parlait de sécurité avec notre tour manager tout à l’heure, parce qu’il y a de plus en plus de monde à nos concerts et on tient à rester proche de nos fans. On a ce truc de rejoindre le public dans la fosse tous les soirs, après chaque set et j’aimerais qu’on puisse le faire tout le temps… Mais là, on part en tournée au Royaume-Uni, nos concerts y sont particulièrement importants, plus que nulle part ailleurs. Notre tour manager nous a dit « Je suis vraiment inquiet, je ne sais pas comment ça va se passer, vous n’allez pas pouvoir continuer à faire ça parce que ça risque de mal se terminer un jour…» Je sais qu’il y a eu quelques histoires tragiques ces derniers temps, une chanteuse a été tuée par balle aux USA notamment. On ne s’inquiète pas pour ça, mais c’est vrai que c’était un peu vif à Glasgow la dernière fois. Malgré cela c’est très important pour nous et je veux pouvoir continuer à le faire!
Et un truc qui est super, de nos jours, ce sont les réseaux sociaux ! On parle à beaucoup de monde tous les jours. C’est comme une grande famille ! C’est comme avec toi, on a commencé à discuter sur les réseaux sociaux et maintenant, on est là, et j’ai l’impression d’être avec une amie, c’est génial!
Partir en tournée est vraiment une expérience à part. On peut parfois se sentir vraiment seul, on court partout, on visite des endroits extraordinaires mais je passe 90% de mon temps dans ma chambre d’hôtel seul. Donc je remercie les réseaux sociaux et tous ceux qui nous suivent, nous soutiennent et nous permettent de continuer ce que l’on fait !
Parfois un seul message de quelqu’un te disant que tu le rends heureux peut changer ton état d’esprit !
Dernière question : qu’est-ce que vous préparez pour la suite? Vous travaillez sur un nouvel album je crois, tu peux en parler un peu?
Nalle: Ca va être super. Ca marche bien pour nous, on va jouer dans de grandes salles sur la tournée, comme ce soir par exemple. Je suis fier de jouer ici!
C’est difficile de parler du futur. J’espère que l’on va garder cette fraternité et cette unité au sein du groupe. J’espère que l’on sera toujours debout et fidèle à ce que nous sommes. Comme je l’ai dit, plus on évolue, plus on a de personnes qui nous entourent : maisons de disque, managers, agents, etc… On a encore plus de pression pour continuer, sortir des nouvelles chansons. Cela s’est déjà vu… des groupes qui se séparent à cause de la pression. J’espère vraiment que l’on reste unis. On a beaucoup travaillé récemment, avec des auteurs et nous rencontrons beaucoup de personnes avec différentes opinions qui nous donnent toutes leurs avis sur notre musique, etc…
On ne peut pas prédire le future mais j’espère juste qu’on pourra rester tels que l’on est et qu’on pourra continuer à profiter de cette magnifique expérience. Tout à une fin évidemment, et je ne dis pas ça de façon négative, mais nous sommes dans une phase de changement. On ajoute de nouvelles choses, de nouveaux morceaux dans nos sets, tu verras ce soir…
Un groupe fonctionne comme un couple. Quand ça marche, tu es comme dans une bulle, remplie d’amour et d’énergie positive. Tu dois maintenir cette énergie même si tout change autour de toi. J’espère que l’on pourra maintenir cette relation car c’est grâce à cela que l’on pourra créer de la bonne musique et faire évoluer notre relation avec nos fans, de la meilleure façon qu’il soit. Nous sommes rien les uns sans les autres, au sein du groupe, ni sans notre public.
Ça été difficile de travailler sur les nouveaux morceaux, de trouver l’inspiration pour composer de la musique sans décevoir les gens qui nous suivent. Un des meilleurs conseils que je puisse donner aux nouveaux groupe, c’est de ne jamais oublier d’où ils viennent, mais de ne pas avoir peur de tenter de nouvelles choses non plus. Je pense qu’il est toujours important, dans un groupe, de laisser ses soucis personnels de côté et prendre du recul. Je suis convaincu que l’avenir ne nous reserve que des bonnes choses. Nos voyages et nos rencontres avec nos fans nous influencent et ça va nous aider à créer de nouvelles chansons plus intéressantes les unes que les autres.
Il y aura peut-être du jazz français à venir… Je ne sais pas… On verra bien!
