#Interview: Les Wampas au Festival Cal’le Son.

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Interview par Anne-Cécile L.
Crédit Photos: Florence V. 

Alors qu’ils étaient de passage au Festival Cal’le Son à Lampaul-Guimiliau, j’ai pu interviewer ceux qui ont inventé le Rock’n Roll alias Les Wampas… Rencontre avec Didier, Nico, Tony, Jean-Mi et leur tout nouveau guitariste Effello!

 

Ca fait longtemps que vous n’aviez pas joué en Bretagne, non ?
Didier : Ben j’ai l’impression oui, on est venus avec Sugar & Tiger en décembre, mais avec Les Wampas ça fait un petit moment…

Je crois que la dernière fois que je vous ai vus ici, c’était lors de mon premier concert à La Carène en 2009. Vous êtes contents de revenir ?
Didier : La dernière fois t’es arrivée en retard surtout ! Tu peux le dire, c’est pas parce que c’est ton blog que tu ne peux pas dire la vérité ! Elle rate les concerts, elle arrive quand tout est fini… Et il y en a plein qui vont nous louper encore ce soir, à 18H30… Moi j’adore venir ici, on est contents de jouer partout mais en Bretagne encore plus !
Effello : Oui, on est contents de jouer partout, mais les bretons sont sympa même s’ils sont un peu alcooliques… A cette heure çi, ça va…
Jean-Mi : J’adore venir jouer ici mais c’est trop loin !

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Les Wampas font-ils toujours la gueule ?
Nico: Mais on n’a jamais fait la gueule ! Quand on fait des photos, on ne sait jamais quoi faire comme tête.
Jean-Mi : Disons que quand je souris j’ai l’air con, quand je fais la gueule un peu moins…

Didier: Ca fait longtemps qu’on n’avait pas posé cette question… Pour le titre du prochain album je vais faire vachement gaffe parce qu’on me l’a posée à peu près 300 fois…

Je sais, j’ai lu que cette question t’agaçait alors je la repose…
Didier : C’est de ma faute, je n’avais qu’à pas appeler l’album comme ça ! Le prochain je voulais l’appeler Même les plus grands ont des moments de faiblesse mais il va falloir que je répondre encore à cette question… On va faire un titre tout con… Genre Chou-Fleur.

Et pourquoi Chou-Fleur ?
Didier : Pour la région surement, c’est le premier mot qui me soit passé par la tête… Mais ça n’a pas l’air d’inspirer Tony…
Tony : C’est un peu ambigu…
Didier : C’est quoi l’ambiguïté ?
Tony : Non, je ne dirais pas.
Effello : Chou-Fleur ça fait très Edouard Nenez…
Didier : Ah oui c’est vrai, donc on a un scoop : le nom de l’album ne sera pas Chou-Fleur.
Tony : Florence avait trouvé un titre, c’était juste un mot aussi mais…
Didier : Mais mieux que Chou-Fleur. Il y en a deux ou trois de mots mieux que Chou-Fleur dans la langue française c’est vrai… Donc non, ça sera la surprise !

Le groupe a changé depuis quelques mois, après le départ de Philippe (Almosnino)… Est-ce que ça a impliqué beaucoup de changements dans votre manière de travailler : que ce soit en studio ou en concert?
Didier : On a eu un guitariste entre temps, Eric Starczan, il est reparti avec General Elektriks, donc maintenant c’est Effello. Mais je crois pouvoir dire que ça n’a rien changé du tout. En studio, on a fait comme d’habitude et sur scène aussi.
Nico et Jean Mi : Ca n’a rien changé à notre manière de travailler non, de jouer par contre oui.

Et justement… Question pour Effello, je pense qu’on est pas mal à se la poser : ayant été/étant fan des Wampas, qu’est-ce que ça fait d’intégrer un de ses groupes préférés ?
Didier : C’est une star ce mec, il ne te répondra même pas, il se la pète grave !
Effello : Ca fait super plaisir ! C’est un rêve qui devient réalité!

Malgré tout ça, vous jouez ensemble depuis 30 ans, un peu plus même… Avez-vous un secret?
Didier : Non, on n’en a pas. C’est juste de vouloir continuer. Si tu ne veux pas arrêter, tu n’arrêtes pas.
Tony : On est assez butés et on aime ce qu’on fait! Pas comme ces crétins qui font ça juste pour passer à la téloche !
Didier : Mais même sans parler de passer à la télé, il y a plein de groupes qui se mettent des buts. J’en connais plein qui se sont dit « Il faut que ce 45T marche, sinon on arrête… Il faut que ça marche ! » Nous, on n’a aucun but matériel à atteindre donc on s’en fout. On s’en fout de ne pas vendre de disques, on veut juste faire du rock’n roll, des concerts, des chansons… Donc si c’est ça, qu’est-ce qui peut te faire arrêter ? Sauf si toi tu en as envie ? Mais pourquoi on arrêterait ? Quand tu fais ce que tu as envie de faire… Ca marchouille, ça ne marche pas vraiment parce qu’on ne passe pas à la télé, à la radio.
On a eu un titre qui est passé à la radio, il y a dix-quinze ans, plein de groupes, dans notre position, auraient arrêté plein de fois parce que ça ne marche pas assez.
Tony : On continue parce qu’on aime ça.
Nico : Et on n’est pas copains.
Jean-Mi : On ne se voit pas en dehors, la seule chose qui nous réunit c’est la musique.

Concernant votre actualité, vous enregistriez votre 12ème album, mais je sais que vous travaillez aussi sur des projets personnels en parallèle, vous pouvez-en parler?
Didier : L’album des Wampas est fini là, on l’a enregistré dans les Landes, dans le studio de Nico. On a terminé les mix cette semaine, le disque devrait sortir en janvier. Je ne sais pas encore comment il s’appellera. Chou-Fleur ou alors Même les plus grands ont des moments de faiblesse… On a travaillé avec Arnaud Bascunana qui a produit les deux Sugar & Tiger. Il est vraiment bien, j’adore ce qu’il fait, la façon dont il travaille et je crois que tout le monde est content ! T’es content Toto ?
Tony : Oui ! Ravi !
Jean-Mi : On a enregistré cet album avec Florian (Effello) et on l’a enregistré totalement live, en autarcie presque…
Nico : Moi j’avais envie de faire ce disque là, c’est à dire de la manière dont on a travaillé cette fois, depuis Kiss. Je n’étais pas content parce qu’on ne faisait pas ce que j’imaginais. Pour pouvoir le faire il faut bien jouer, puisqu’on jouait live. Je vais entrer dans des explications techniques mais, depuis les années 2000, on n’enregistre plus sur bande, on a des logiciels qui permettent de tout trafiquer, à 100%… Les albums qu’on a fait jusqu’à Kiss, on les a fait sur bande, on ne pouvait pas trafiquer, on pouvait refaire ou changer quelques trucs mais pas « jouer mieux ». Ca fait des années que je cours après ça. Pour des raisons de choix de méthodes de travail, la technique avait pris le dessus sur l’artistique et je crois qu’avec cet album on a réussi à remettre l’artistique au bon endroit. Tout le monde a joué le jeu d’accepter de ne pas être dans « ce à quoi tout le monde est habitué depuis vingt ans ». Il suffisait juste d’enregistrer comme on le faisait à l’époque, et on retrouve de la magie… On retrouve de la musique…

Et concernant vos autres disques?
Didier : Je sors un album qui s’appelle Didier Chappedelaine et ses Maudits Français. C’est un disque dit de reprises de country québécois que je fais avec des musiciens de rockabilly qu’on a enregistré dans un petit studio dans le nord, vraiment à la roots. Ca va être bien, je suis vachement content. Je n’ai pas encore entendu les mixs donc j’ai hâte de l’entendre ! Il sort en novembre normalement, mais avec les maisons de disques tu sais… D’ici qu’elles coulent avant ça… Tout peut arriver ! Toto aussi sort un nouvel album.
Tony : Il s’appelle With Pleasure… Il est sorti la semaine dernière. C’est un six titres avec trois titres enregistrés en Louisiane et trois titres enregistrés avec Les Solutions de Paris.
Effello : Et nous on enregistre un album en juillet avec mon groupe Effello et les Extra-Terrestres, le fils de Didier y joue de la basse, il joue aussi avec Sugar & Tiger d’ailleurs. On va enregistrer quinze morceaux, et on prévoit de le sortir un CD et un 45T. On n’a pas de label donc ça sortira dès que c’est prêt.

Ce n’est pas compliqué à gérer entre Les Wampas et tout vos projets parallèles ?
Tony : Non pas du tout !
Didier : On met les Wampas en priorité et quand on a des trous, on fait le reste. Avec Sugar & Tiger par exemple, quand on a des trous, on tourne…

Bon, quelques questions musique random…

Comment définiriez-vous votre musique en quelques mots ?
Toto : Rock’n Roll.
Didier : C’est le genre de questions auxquelles je ne sais pas répondre du tout !
Effello : Punk rock joyeux mais pas que… C’est festif mais dans le bon sens du terme.
Nico : Sur cet album là par exemple ? Ou les trois derniers ? Depuis Rock’n Roll Part 9 ça a un peu changé… Pour moi le style des Wampas commence avec Chauds, Sales et Humides. Après il y a eu des digressions. Ca n’a pas beaucoup changé, on joue mieux… On a peut-être tourné en rond, il y a peut-être des redites mais pour moi on fait ce qu’on a envie de faire, de manière très rock. Aujourd’hui, mettre des guitares c’est extrêmement rock alors qu’à une époque c’était banal… Je ne sais même pas si ce qu’on fait est encore punk rock… J’ose espérer que ce soit devenu un style en soit Les Wampas, on peut peut-être imaginer, après trente ans, avoir notre propre style. Soyons prétentieux… C’est comme quand tu demandes « C’est quoi les Rolling Stones ? » bah c’est les Rolling Stones! C’est du rock’n roll un peu blues mais c’est surtout une voix. Je n’arrive tellement pas à dissocier ce qu’on fait de la voix de Didier… Si tu l’enlèves, c’est un bon groupe de rock qui joue bien, un peu vite, un peu original mais c’est son timbre de voix et les textes qui font tout.

Qu’est-ce que les Wampas écoutent en ce moment ?
Didier : Le nouvel abum des Monkees, il est super bien.
Tony : Moi j’écoute The Impressions et The « 5 » Royals en boucle.
Didier : On n’écoute pas de trucs récents, enfin l’album des Monkees est récent. J’ai aussi écouté le dernier album de Weezer en boucle pendant deux mois aussi. C’est le meilleur de leurs albums et tout le monde trouve bizarre quand je dis ça, mais je l’adore.
Effello : Giuda, un groupe italien qui fait du glam rock.
Nico : J’écoute beaucoup le nouvel album vu qu’on est en plein dans les mixs… J’ai aussi beaucoup écouté Rocket To Russia avant l’enregistrement, presque deux/trois fois par semaine. J’ai arrêté d’écouter les Grandaddy et ce genre de groupes là, parce que c’est un peu mou et j’avais peur d’être influencé par ça.
Effello : Jean-Michel Lejoux écoute The Red Hot Chili Peppers.
Jean-Mi (qui regarde sur Spotify) : Un peu de raggae… Ah ! Dominique A !

Quels sont les artistes/musiciens qui vous ont influencé ? Qui ont joué un rôle important pour chacun d’entre vous ?
Didier : Il y en a trop, qu’est-ce que tu viens nous poser ce genre de questions ? De Elvis aux Ramones en passant par Claude François… The Clashs, The Beach Boys…
Tony : Bob Dylan.
Effelo : The Toy Dolls, The Ramones et Les Wampas.
Jean-Mi : James Brown, AC/DC, The Ramones…
Nico: Par rapport à la musique ? Ou par rapport au fait d’en faire ? Ramones et AC/DC pour le son et la manière de jouer. Et définitivement Phil Rudd pour la batterie. Ce qui m’a donné le déclic« d’y aller » c’est une photo… J’avais 14 ans et j’ai vu une photo de Bijou sur une DS dans Rock’n Folk ou Best, je ne sais plus, j’ai trouvé ça tellement classe que je me suis dit « Je veux être eux. » Comme certains gamins se disent « Je veux être Justin Bieber ! »

Vos albums cultes ?
Effello : It’s alive des Ramones
Tony : Highway 61 Revisited de Bob Dylan.
Didier : Non, non ça c’est tes trucs de hippies là ! On n’a pas de trucs de hippies nous ! It’s alive oui, et le premier, et le deuxième album des Ramones. Et le troisième aussi !
Nico : Harvest de Neil Young, une fois par semaine au bas mot. Le son est tellement essentiel sur cet album. Ca part dans tous les sens, il s’est tout permis sur cet album c’est génial. Ensuite il y a un album de The Bobby Fuller Four, celui où il y a I Fought The Law. Et puis Pet Sounds des Beach Boys, c’est Marc Police qui m’a fait découvrir, je suis entré dans son univers grâce à cet album là. Cet album là c’est la liberté. Je n’aime pas les Beatles, les Beach Boys, ce sont mes Beatles à moi.
Jean-Mi : Je ne sais pas, je n’en ai pas en tête là comme ça…

Vos films cultes ?
Jean-Mi : Allez facile ! Pulp Fiction !
Tony : Moi c’est Zéro de Conduite, Raiders of Red Gap.
Didier : Mon curé chez les nudistes… Nan je déconne Jour de Fête !
Effello : Mary et Max.
Nico : C’est dur, les films se poussent les uns derrière les autres, contrairement à la musique… J’ai une théorie sur la musique, je pense que les morceaux qu’on adore se réfèrent à des moments. Pour moi, en tout cas, ça se rattache à des moments, des sensations donc ça supporte de vieillir. Les films ne vieillissent pas très bien, le cinéma vieillit mal je trouve – enfin c’est mon point de vue. Le dernier film que j’ai eu envie d’aller voir trois fois c’était Drive.

Et la chanson/le groupe le plus « honteux », ou du moins que vous avez vraiment du mal à assumer, mais que vous aimez écouter ?
Didier  : Je n’ai honte de rien.
Tony : Moi non plus. Je n’ai aucun mal à assumer.
Jean-Mi : C’est dur de dire honteux..
Nico : Non, mais un truc qu’on aime mais qu’on trouve pourri quand même !
Jean-Mi : Ah! Moi ça va être Earth Wind & Fire ou tous les trucs disco des années 80, Kool & The Gang…
Didier : Attends, je cherche… Ah si ! Il y a bien un truc de variété que j’aime bien dont j’ai honte : En Apesanteur de Calogero ! C’est la seule chanson de variété française de ces dernières années que j’aime bien mais que j’ai un peu de mal à assumer.
Nico : Une chanson de Eagles : New Kids In Town. Le morceau n’est pas mal en fait, mais il a un côté ringard… Et il y a le morceau Wind Surfer de Roy Orbisson qui est à la limite du mauvais goût, les sons sont pourris, mais je le trouve mortel. Mais par contre c’est kitsch, les sons sont tous laids, avec des synthés…
Effello : Moi j’aime bien écouter Dorothée, de temps en temps, je suis même allée la voir en concert. J’ai grandi avec, d’ailleurs j’aime surtout Corbier.
Nico : C’est ce que je disais, par rapport à la musique… On déconnecte les morceaux de ce qu’ils sont et on les rattache à des souvenirs.

Avec quel artiste, mort ou vivant, vous aimeriez faire un duo ?
Didier : Avec qui j’aimerais faire un duo ? Personne, pour de vrai. Les gens que j’aime vraiment, je ne pourrais pas… J’aurais honte de faire des duos avec. A part Loran Béru, il faut qu’on fasse un truc ensemble depuis des années. Toto c’est Bob Dylan, c’est même pas la peine de lui demander et Effello c’est les Toy Dolls.
Nico : Comme je suis batteur, personne… Mais je trouve que Didier a fait des duos qui étaient plutôt réussis… Celui qu’il a fait avec Nicola Sirkis, Harry Poppers, était vachement bien. C’est ce qu’il a fait de mieux, c’est une des fois où il chante le mieux de ce qu’il a fait en général. C’était une vraie compo, ils ont écrit des bouts de textes, c’était super bien ! Mais il y avait un challenge des deux côtés, je pense. On nous a déjà proposé de jouer avec des gens mais ça ne rimait à rien. Tu sais, il y avait eu un duo Freddy Mercury / Bowie, sur Under Pressure, c’est deux super mecs mais ce n’est pas bien ! Il y en a un qui fait du Freddy Mercury, l’autre du Bowie… ll y a très peu de duos réussis… Par contre, j’aurais adoré jouer dans d’autres groupes, prendre la batterie sur Rockaway Beach des Ramones par exemple, pour voir ce que j’étais capable de faire, mais je pense que ça n’aurait pas été bien.

Moi qui ai pu réaliser un clip pour vous, j’ai eu totale carte blanche pour faire ce que je voulais. En tant qu’étudiante et fan de votre musique, c’était une super opportunité de pouvoir faire quelque chose avec vous/pour vous, mais c’était aussi un gros défi pour moi. Vous avez, selon moi, une approche très punk, j’ai l’impression, non pas que vous n’accordez pas une importance à l’image et à votre image, mais que vous faites ce que vous voulez sans avoir de ligne de conduite. Est-ce qu’au fond c’est quand même important pour vous?
Didier: Les deux, des fois on accorde de l’importance, des fois non. On s’en fout. Ou c’est quelqu’un qui le fait, et on ne se retrouve pas trop dedans comme pour le dernier album dont je n’aime pas trop la pochette… Je trouve ça impersonnel, mis à part le fait qu’on soit dessus. La moitié des pochettes, c’est moi qui les ait faites. On n’a pas de règles. Des fois je laisse faire, pour le dernier ils voulaient absolument une belle photo de studio…
Effello : Il n’y a pas vraiment d’identité visuelle…
Tony: L’image c’est quand même important, même si tu t’en fous, parce que les gens réagissent face à ce que tu leur proposes… Mais on s’en fout un petit peu… On laisse carte blanche à Didier.
Nico: Moi j’aime bien quand ça me dérange. Les rares fois où on a essayé de faire des pochettes « réfléchies/intelligentes » on a sorti des trucs très conventionnels, qui finalement vieillissent mal ou sont ridicules comme Trop Précieux qui est une bouse sans nom, sans intérêt. Ce n’est pas nous, ni ce qu’il y a dans le disque. La pochette est super naze. Pour le dernier album, on a essayé de faire un truc un peu classique rock, la photo en soi est réussie mais la pochette ne va pas rester… Alors que celles de Kiss, Chicoutimi si. Une que je déteste vraiment c’est celle de l’album Les Wampas sont la preuve que Dieu existe parce que cette pochette fait potache selon moi. Je n’aime pas le côté potache qui peut dès fois arriver si on se laisse aller. Il fallait un truc, on n’avait rien et je pense que Didier voulait faire chier la maison de disque. Il leur a montré la tête d’autruche… Mais pour moi, il n’y en a qu’une seule de vraiment ratée c’est Simple et Tendre, c’est un tatouage… L’idée était mortelle, mais la réalisation pourrie. Aucun de nous, à part Didier, ne s’exprime à travers du graphisme. On a un regard sur la réalisation, mais après tu fais confiance aux gens…
Tony: Si tu ne fais pas confiance, ça ne sert à rien.
Nico: Quand tu vas chercher Pierre et Gilles, c’est pour avoir du Pierre et Gilles, pas pour faire quelque chose qui te ressemble… Si les gens sont connus, et que tu as des références concernant leur travail, tu es content parce que tu peux t’imaginer, transposer… Mais si ce sont des gens qui viennent te voir en te disant qu’ils ont une envie, tu leur réponds «Vas-y! » Quand un artiste commence à faire du marketing à travers sa musique ou son image, il devient une maison de disque…

Vous êtes un groupe de « live » c’est indéniable, non seulement vous ne vous arrêtez jamais de tourner, vous dégagez aussi une énergie folle sur scène, que l’on retrouve difficilement chez d’autres artistes. Mais surtout, là où on est parfois déçus en voyant certains groupes/musiciens en concert, vous c’est le contraire… Vous donnez envie de revenir vous voir, de découvrir tout votre univers… A quoi tout cela est dû selon vous?
Didier : Justement je me suis trop fait chier et je me fais encore trop chier à des concerts. C’est horrible. Quand j’ai commencé à aller en voir, j’écoutais plein de disques chez moi dans ma chambre, et t’arrives voir un concert, il ne se passe rien… Je ne veux pas que les gens eux aussi se fassent chier à nous concerts, j’ai vu trop de concerts comme ça et je me disais « C’est une escroquerie, qu’est ce qu’ils font là ? » Ils se foutent de la gueule du monde ces gens là, pourquoi ils montent sur scène si c’est pour faire ça ? Moi je donne tout tous les soirs, comme si c’était le seul concert de ma vie.
Nico: C’est parce qu’on est un très bon groupe! On est un des meilleurs groupes de live qui existent en ce moment, c’est tout! C’est pas pour être prétentieux du tout, mais je rêverai d’aller voir un concert des Wampas.
Effello: On a des automatismes, des jeux de scène qui reviennent souvent mais on n’a rien de vraiment prévu.
Nico: On a mis beaucoup, beaucoup de temps à être ce qu’on est aujourd’hui. Les gens ont tendance à oublier ça. Il nous a fallu au moins quinze ans pour qu’on soit capables d’être en même temps sauvages et en même temps ouverts et généreux sur scène et ne pas jouer trop mal pour que les gens comprennent ce qu’il se passe… C’est assez récent finalement. Il a fallut qu’il y ait un hit pour que le nom donne envie d’aller voir. Les concerts qu’on fait aujourd’hui, on ne pouvait pas les faire il y a vingt ans, ça ne communiquait pas de la même manière. On est montés sur des grandes scènes dans des gros festivals, il y a très longtemps, les gens passaient, regardaient la scène et se barraient… Ils ne connaissaient pas plus. Quand on fait La Fête de l’Huma et qu’il y a 60 000 personnes, il y en a 4000 qui connaissent Les Wampas, sauf aujourd’hui on est capable de capter le public. On est devenus un très bon groupe de live. Et je pense qu’on est devenus comme tous ces groupes qui font des albums de manière anecdotique.
Jean-Mi: L’album c’est chouette pour avoir de nouveaux morceaux à jouer en concert. Là, les morceaux sont à peine finis, déjà je les imagine sur scène. L’album en soit c’est agréable de le faire, mais ce n’est pas ça qui compte.
Nico: Et on revient à ce dont on parlait tout à l’heure… Aujourd’hui tu peux « photoshoper » la musique, tu fais d’un groupe pas terrible, un groupe parfait grâce à ProTools. Tu fais chanter les gens juste, et tu fais en sorte que les musiciens jouent bien et ensemble, mais la scène, le live c’est un vrai truc… Mais ça n’empêche pas la créativité, sans ça, des mecs qui avaient de la créativité mais qui n’étaient pas de bons musiciens étaient coincés, aujourd’hui ils peuvent aller plus loin… Est-ce qu’on doit être bons dans tous les domaines ? Peut-être pas !

Qu’est ce que vous préparez pour la suite ?
Tony : 
On va continuer…
Didier : On a déjà les quatre disques qui vont sortir ! Il y aura peut être un nouveau Wampas, ou un nouveau Sugar… La tournée ne s’arrête jamais… Enfin, on a encore plein de concerts pour l’année prochaine.

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